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Sincères condoléances

Joyeux épilogue

Était-ce un rêve, une prémonition ? Je ne sais plus très bien et pourtant, ça semblait être une évidence. Je ne saurais dire l'année exacte mais   c'était déjà dans l'air du temps, dès la fin du 20ème siècle. Les souvenirs du futur foutent le camp. C'est pour ça qu'ILS peuvent se permettre d'effacer l'Histoire.

 

 

Tout avait commencé par l'enterrement du peintre inconnu sur le parvis du magasin Georges Pompidou à Beaubourg. En principe, il servait de parking pour les clients, mais pour la circonstance, il avait retrouvé son allure d'antan quand le magasin était encore un centre d'art contemporain. Ils avaient cassé le bitume, non pour trouver la plage, mais pour y mettre la tombe de cet illustre artiste inconnu qui devenait à lui seul, une œuvre d'art. C'était le dernier spécimen, enfin ce devait l'être, parce que les Institutions avaient décidé qu'il en serait ainsi. Ils avaient choisi le 17 janvier, la date décrétée sans art par Robert Filliou. Sauf que désormais, ce serait tous les jours le 17 janvier pour célébrer une façon de ne jamais sortir de l'hiver de l'humanité ni du signe du Capricorne.

 

Le Président présent à la cérémonie avait décrété que désormais, ce jour serait férié, ce qui n'avait pas trop plu aux patrons, mais comme ils avaient appelé de leurs vœux le Consom'art en remplacement de l'art inutile du passé, le MEDEF avait accepté l'idée que ce serait donc un jour de congé   entièrement   dédié à la consommation. Le Parlement avait entériné le fait que chaque 17 janvier, on honorerait par des crachats, la tombe de l'artiste inconnu dont on savait seulement qu'il avait été peintre.

 

Il était presque convaincant, le Président, conscient mettre de un terme à l'un des derniers rêves de l'humanité. Une tristesse fugitive passait pourtant dans son regard, mais il savait que le monde n'avait plus besoin d'artistes puisque le plus célèbre d'entre tous, c'était lui. Dès que les caméras étaient braquées sur lui il se ressaisissait pour ne pas contrarier ses invités qui eux, avaient un visage radieux. Ils avaient enfin eu la peau de l'artiste.

 

La foule des grands jours était réunie : le gratin d'hier et d'aujourd'hui, les anciens ministres de la Culture étaient tous présents à l'exception d'André Malraux qui s'était fait excuser. Á la droite du Président, Jacques Lang gratifiait la foule de son inoxydable sourire si figé que certains se demandaient si c'était vraiment lui ou son avatar du musée Grévin.  

 

Les représentants de la presse artistique étaient au grand complet, du rédacteur en chef du catalogue des Trois Suisses à Art Press en passant par des intérimaires comme   Nicolas Bourriaud,   connu pour savoir endosser toutes les casquettes du monde de l'art. Catherine Millet avait été aperçue mais s'était éclipsée dans des oubliettes avec un ex-artiste connu retombé dans l'anonymat.. J'étais sûre qu'elle aurait bien voulu se faire Pinoncelli qu'elle avait semblé chercher des yeux, mais il ne pouvait être invité puisqu'il ne restait plus d'authentiques artistes. Ceux qui avaient tenu à venir avaient auparavant dû signer une déclaration sur l'honneur, qu'ils s'engageaient à ne plus faire d'art, mais la plupart d'entre eux avaient élu domicile avec leurs œuvres dans les oubliettes du magasin Georges Pompidou.

 

Le petit monde de l'art était venu aussi : ex conseillers en arts plastiques, anciens directeurs des écoles des Beaux-Arts qui pour la plupart étaient devenus managers dans la pub... Ils faisaient un peu grise mine, car le gratin ne leur disait même plus bonjour.   Des historiens   avaient sortis des fringues de cocktail un peu jaunies parfois trop grandes pour eux, vestige de leur splendeur froissée. Ils avaient appris à se serrer la ceinture et devaient sérieusement envisager une reconversion. Seuls les conservateurs de musée se pavanaient encore un peu. Ils espéraient que les œuvres d'art resteraient dans les musées   comme exemple des errances passées de l'humanité qui avaient poussé   certains individus branleurs ou décalés à produire des objets qui ne servaient à rien. Les plus optimistes étaient convaincus qu'ils allaient bientôt organiser la vente du patrimoine et toucher leur petit pourcentage.

 

Un peu en retrait, l'ex-président de la Maison des Artistes avait mis une burqa pour ne pas se faire remarquer, mais comme il était le seul dans cette tenue,   tous les regards étaient tournés vers lui pour tenter de deviner si ce n'était pas quelqu'un de célèbre qui tentait de passer incognito. Il fit pourtant un petit signe de tête aux grands nostalgiques venus pour la circonstance, parmi lesquels Pierre Souchaud le directeur de la revue Artension arpentant le parvis, le dos voûté, le regard vide.

 

Un peu plus loin, cachant mal une authentique mélancolie, Jean Clair,   s'avança en tremblant pour lire un texte pathétique qui fit rire aux éclats les stars venues célébrer la mort définitive de l'art. Pour les effets comiques, il avait été préféré à Jean-Marie Bigard, pourtant présent qui avait été   d'abord été pressenti pour honorer l'événement comme il se doit.

 

La mise en bière du dernier peintre illuminé rendait hilare cette foule bigarrée et donnait à ceux qui avaient le moins de retenue, un irrésistible   besoin de pisser. Heureusement, les organisateurs de la cérémonie funéraire avaient tout prévu. Á la place de couronnes de fleurs, il y avait sur la tombe un urinoir comme on n' en fait plus. C'était un modèle du début du 20ème siècle, une pissotière Duchamp. Les plus osés n'hésitaient pas à uriner à la santé de l'artiste inconnu. Pietro Manzoni n'avait pu faire le déplacement mais il avait envoyé une de ses boites à mierda d'artiste pour mettre sur la tombe à côté de l'urinoir. Et comme les plagieurs de merde ne manquent pas, le parvis de Beaubourg risquait bientôt de ressembler à une fosse sceptique. Bien entendu, l'évènement avait été retransmis sur toutes le chaînes de télévision. Pour cette raison, les emmerdeurs de tous bords et de tous poils ont gentiment été priés d'attendre la fin de la cérémonie pour la ponctuer de leur ultime et seule création artistique désormais tolérée.

 

La sono diffusait de la musique   sous forme de pastiche " Adieu l'Emile !" de Jacques Brel était devenu. " Adieu l'artiste, j' t' aimais pas bien ". Pour rassurer les gens de foi,   Michel Polnareff était venu chanter " On ira tous au Paradis ". Ça a un peu requinqué les nostalgiques et les mélancoliques de savoir que là-haut peut-être, on retrouverait   des peintres et des sculpteurs accueillis par Michel Ange en personne pour continuer l'histoire de l'art, condamnée ici-bas.

 

Mais c'est sur " Tomber la chemise " de Zebda que ceux qui ne pouvaient pas masquer plus longtemps leur joie se sont vraiment lâchés. Un certain nombre de personnalités dont je préfère taire le nom ont commencé à se désaper et l'on aurait pu craindre que cette catharsis   ne se termine en gigantesque orgie. Les caméras du monde entier braquées sur ce moment hautement symbolique semblaient désormais préférer   filmer les seins et les fesses en liesse plutôt qu'une   gueule d'atmosphère électorale. Soucieux de l'étiquette, le Président et ses proches se sont donc fait discrets à l'exception de Jean Marie Bigard habitué aux messes d'exception.

 

C'est alors qu'il a frappé, lui qu'on n'attendait plus. Arrivé avec son marteau, il s'est dirigé vers l'urinoir sur lequel il s'est acharné. On aurait dit que l'homme avait fait ça toute sa vie. Il a   fêlé puis brisé en plusieurs morceaux la vespasienne mortuaire.. Les urines mélangées des pompiers funèbres se sont alors écoulées sur le parvis de Beaubourg comme un ruisseau de pur élixir artistique. L'homme a été immédiatement arrêté. C'était l'enterrement du dernier artiste, pas du dernier flic.

 

Les critiques d'art et historiens récemment inscrits à l'ANPE se demandaient si c'était une performance,   vu que l'urinoir n' était qu'une vulgaire copie de la célèbre " Fountain " de Marcel Duchamp. D'autres affirmaient que ce ne pouvait pas être une œuvre d'art puisqu'elle n'avait pas de valeur spéculative. Le design du mythique objet avait été copié pour proposer au peuple d'acheter une pissotière Duchamp dans les catalogues de vente par correspondance ou dans les grandes surfaces. Le prix était abordable, car même avec la baisse du pouvoir d'achat, des salariés modestes pouvaient se la payer. Un marteau était même offert en cadeau aux acheteurs.   Démolir un urinoir à coup de marteau était devenue tendance dans les milieux populaires voulant se la jouer élitiste snob. Alors le Pinoncelli, il pouvait bien massacrer toutes les pissotières du monde, ça n'avait plus le moindre rapport avec l'art   puisque le dernier artiste était enterré.

 

Le débat autour d'une tombe semblait gêner les ex représentants de l'art officiel qui aspiraient à une retraite bien méritée après avoir contribué à asséner le coup final à l'art. Heureusement, la cérémonie prenait fin. L'homme au marteau avait rompu le charme.

 

Une manifestation parisienne organisée par les communistes se dirigeait déjà vers le parking du magasin Georges Pompidou. La prophétie de Karl Marx était enfin accomplie. Il n'y avait plus d'artistes ou plutôt il y en avait tellement   que l'on ne s'apercevait même pas qu'ils étaient artistes. Fini ces gosses de bourges qui narguaient tout le monde en s'autoproclamant artiste en se vantant d'exposer n'importe quoi pendant que le peuple allait trimer à l'usine. "Les artistes, c'est nous " scandaient-ils   fermement. Certains avaient des toiles à la main et l'ancienne élite du petit monde de la Culture eut un haut-le-cœur. Etait-ce possible qu'ils aient mis autant de conviction à   écraser l'art et aboutir aux funérailles du dernier artiste pour que ces gens ignares prennent leur place ? Ils furent vite rassurés. Le parti Communiste ne faisait défiler que des travailleurs artistes ayant longtemps rêvé de convertir une idéologie de masse en rêve personnel, mais comme ses propres militants faisaient partie d'une espèce en voie de disparition, ils ne furent pas bien difficiles à refouler gentiment.

 

Les manifestants se sont arrêtés aux portes du magasin Georges Pompidou. Il avait été fermé pour la circonstance mais   des caissières avaient profité de ce jour de congé payé pour se joindre à la manifestation. Tous ont observé une minute de silence en hommage au peintre inconnu. Comprenant enfin ce qui venait de se passer, certains ont essuyé une larme. Si désormais la société n'avait plus besoin d'artistes, de quoi pourraient-ils bien rêver quand un camarade harcelé par un supérieur hiérarchique se suiciderait pour échapper à la pression ? Combien de ces peintres du dimanche n'avaient-ils pas espéré secrètement vivre un jour de leur peinture pour envoyer paître le boulot dont ils ne chantaient les louanges que dans les manifestations ?

 

Les sanglots se sont fait plus insistants. Au " tous artistes " répondait un " plus personne artiste ". Même les plus coriaces des   staliniens n'osaient plus scander "On a gagné, on a gagné !". Les larmes des manifestants ont eu raison de la fête. Les gens   dont l'aura n'avait rayonné que devant une coupe de champagne lors de vernissages entre gens bien découvrirent qu'ils étaient nus et se mirent à avoir honte. Ils eurent envie de se cacher mais il n'y avait pas la moindre petite burqa sur le tas de fringues où ils avaient si joyeusement jeté les leurs. Les anciens et futurs ministres et même ceux qui étaient encore en exercice avaient suivi le Président qui avait su partir au bon moment sans même tomber la cravate. Quant à la personne drapée de noir dont on ne savait exactement   si c'était l'ex-président de la Maison des Artistes ou Belphégor échappé des réserves du Magasin du Louvre, elle avait préféré s'éclipser rapidement plutôt que de pisser incognito dans la vespasienne mortuaire.

 

La sono s'était tue. Les invités avaient brusquement froid. Remettre la chemise, le pantalon, le soutien gorge ou le string dont certains s'étaient délestés pour danser   ne suffisait pourtant pas à les réchauffer. C'est bientôt une foule en pleurs qui restait pétrifiée sur la place devant la tombe de l'artiste inconnu. Pour tout arranger, il se mit à pleuvoir : Une véritable ambiance d'enterrement.

 

Juin 2008 publié sur " Démuseler la peinture septembre 2009"

Au delà de la fin

L'au-delà de la peinture

Je croyais pouvoir me réveiller de ce cauchemar,   mais je me suis rapidement aperçue que ce n’était pas vraiment un rêve. L’enterrement du dernier peintre avait fait plus de bruit que prévu. Des réactions commençaient à se faire entendre un peu partout dans le monde et la France était montrée du doigt. Que le pays des Lumières ayant apporté une contribution si importante à l’histoire de la peinture en finisse froidement avec ses artistes paraissait invraisemblable à beaucoup de gens. Une commission d’enquête de l'UNESCO s’était mise en place pour tenter de comprendre qui avait tué l’artiste, et surtout pourquoi avoir pris un peintre comme bouc émissaire  ?

 

Je ne m’attendais pas à être choisie comme témoin. Au début, j’avoue avoir même eu un peu peur. Dénoncer une dictature n’est jamais sans risques et je pensais avoir passé l’âge de ce genre de résistance. Quand j’ai reçu la convocation pour être entendue, j’ai commencé par me dire " Pourquoi moi ? ". J’ai cherché à me défiler. Depuis que je n’ai plus le droit de faire de l’art, je suis devenue dame pipi dans une galerie marchande. Ce n’est pas très enthousiasmant, ça paye peu mais c’est un contrat à mi-temps qui me laisse encore le temps de rêver. Les urinoirs ne m’émeuvent plus. Tout ceci aussi c’est aussi du passé.

 

Tout a commencé par une convocation devant la commission d’enquête. Je croyais m’en tirer   rapidement en expliquant que je n’avais jamais été une artiste connue et que je n’avais donc pas eu grand mal à me faire oublier.   J'avais détruit toutes mes peintures et j'espérais donc être tranquille; Je pensais avoir à convaincre un groupe et quand je suis entrée dans le bureau 118 du Ministère de l’Histoire de l’humanité, je me suis juste trouvée en face de nobody. J’étais un peu décontenancée mais nobody   m’a rapidement mise à l’aise.

 

Je n’avais pas compris qu’il n’y avait personne dans ce Ministère. J’avais pourtant l’habitude des traversées du désert. La transparence est devenue chez moi une deuxième nature mais on s'habitue très bien   à vivre sans essentiel, comme un robot. Tout ceci a un avant-goût de fin. Je préférais l'avant-garde. Ma nouvelle vie n'était peut-être pas cette fameuse fin de l’Histoire qui nous était promise depuis des lustres, mais il se confirmait jour après jour qu'une civilisation qui cherche à en finir avec les artistes, est suicidaire. Et d’ailleurs comment l’histoire pourrait-elle continuer sans l’homme ?

Au delà de l'humain

Peut-être avons nous glissé vers la fin de l’humain depuis longtemps. Nous y sommes entrés aussi décontractés que des grenouilles s’ébattant joyeusement dans une casserole d’eau froide en se crispant plus au fur à mesure que l’eau devient plus chaude, sans toutefois être assez lucides pour sauter de la casserole avant qu’il soit trop tard.

 

Il faut cependant prendre avec un certain recul, cette métaphore des grenouilles ébouillantées à petit feu dont la situation serait à peine moins enviable que la notre si nous ne réagissons pas aux dangers qui nous guettent.

Sous certains aspects, ces grenouilles nous ressemblent, mais l’être humain a une échappatoire. Nos sociétés ont déjà prévu de produire des succédanés d’humains comme ils s’étaient déjà attelés à fabriquer avec succès des substituts   d’artistes tombés dans une potion magique concoctée par les institutions. Leur métamorphose en ersatz d’artistes n’avait pas pour unique but d'éclipser les plus novateurs d’entre eux. C’était surtout le moyen de neutraliser une frange de population plutôt rebelle pour l’initier au subversif light pas vraiment inodore mais inoffensif parce que monté de toutes pièces par les pouvoirs publics. Une fois les plasticiens entrés dans le rang, hypnotiser le reste de la population devenait un jeu d’enfant.

 

Mais alors c’est sérieux cette mort de l’artiste ? Ils ont réussi ? C’est ce que nous découvrirons dans un prochain épisode à inventer ensemble, mais dans le réel plutôt que dans la fiction. Il va y avoir besoin beaucoup de bonnes volontés de cerveaux et de bras pour créer si ’on ne veut pas voir l’être humain entrer dans la clandestinité.

Une trace

Nobody m’a escortée discrètement   jusqu’aux catacombes du Ministère de l’histoire de l’humanité aménagées en musée interdit au public. Il paraît que certaines sectes s’y réunissent encore clandestinement, mais c’est sans doute une rumeur. Celles qui avaient en charge l’art contemporain semblaient bien avoir été décimées avec l’enterrement du dernier artiste, mais   il paraît que certaines personnes ne se seraient jamais remises d’avoir perdu ce petit quelque chose qui faisait le regard pétillant des péteux et des pétasses du monde de l’art, traînant leur air désabusé à travers les vernissages et les foires en sautant au cou de leurs pairs pour en dire le plus grand mal après.

 

L’histoire de l’art était fléchée, ce qui fait que je n’ai pas eu grand mal à la retrouver. Toutes les salles hébergeant l’art   jusqu’au début du 20éme siècle étaient condamnées. Ile se disait qu’il ne restait plus d’œuvres. Et même parmi l’art du 20éme siècle il y avait des béances : Trop de choses enlevées ! Ceci n’avait rien d’étonnant. Lorsqu’ils   avaient fait disparaître tout l’art des musées, les gens avaient semblé désemparés en visitant les salles d’exposition qui ressemblaient au salon de l’automobile ou à des présentations de collection de prêt à porter. Certains arpentaient nerveusement les musées à la recherche de l’art qu’on leur cachait avec la fébrilité d’une chatte à qui on vient d’enlever ses petits.

 

Il y avait eu des suicides en série. Curieusement ce ne sont pas les artistes empêchés de créer qui se sont donné la mort. Leur atelier est surtout dans leur tête et pendant qu’ils font semblant de regarder la télé, les chercheurs aux rêves illimités sont déjà en train de peindre les chevaux galopant dans le sillage de   la création d’avant garde.

 

Je me suis dirigée dans la section" art contemporain" en me demandant ce qui s’y trouvait encore Une première salle menait à la tombe de l’artiste inconnu. Comme c’était le dernier spécimen de "l’homo artistus peintrus", il avait été décidé de le mettre dans cette crypte. De lui, on savait seulement qu’il avait été peintre mais comme il devait rester inconnu , personne n'avait vu ses toiles qui avaient toutes été détruites pour que des petits malins ne s’avisent pas de spéculer avec et ainsi faire de lui un artiste connu. J’ai eu une pensée émue pour lui.

Je me souvenais de cette atroce cérémonie retransmise à la télévision avec tous les gros dégueulasses qui urinaient ou chiaient sur sa tombe pendant que d’autres se désapaient pour danser. Ce jour là, je m’étais dit que l’humanité n’en avait plus pour très longtemps. Finalement, le 17 janvier n’était pas devenu un jour férié le car la référence à Robert Filliou et son jour sans art était encore jugé trop artistique de même que les urinoirs, boite à mierda d’artiste ou le tube de crème de beauté à se mettre sur la gueule avec toute la panoplie. Le paradoxe du non-art condamnait ces objets qui se faisaient passer pour de l'art.

Loin de ces élucubrations, le dernier artiste dormait dans des catacombes à l’abri de toutes les manifestations d’hystérie.

 

J’ai traversé rapidement cette pièce en ayant tout de même un peu froid. J’aurais tellement voulu savoir son nom et voir au moins une de ses toiles. J’ai suivi Nobody dans ce   souterrain   glacial et nous sommes dirigés vers un couloir au fond duquel se trouvait une petite pièce où était inscrit : " Salle des témoins"; j'espérais y rencontrer d'autres gens, mais je devais me rendre à l'évidence. Il n'y avait qu'un bureau   avec un ordinateur. Je m'y suis installée et quand je l'ai allumé j'ai eu un choc. J'ai vu une liste de noms parmi lesquels le mien, oh ce n'était pas la liste de peintres sauvés du cataclysme dont les œuvres resteraient dans l'histoire de l'humanité. Non c'est simplement qu'il avait été gardé des traces de mes blogs sur l'art contemporain.

 

J'avais l'impression qu'une de mes clés USB avait été intégralement sauvegardée. Je me souvenais que mon ordinateur portable et mes clés avaient disparu lors d'un cambriolage. Comment pouvait-il en rester des traces ici dans les catacombes du Ministère de l'humanité ? Je n'étais pas rassurée, mais j'ai passé des heures dans ce sous-sol à relire mes textes et regarder les photos des peinture. Et là, tout m'est revenu. Alors j'ai eu envie de témoigner et de faire revivre mes textes datant du temps où l'on avait encore la force de gueuler avant qu'il ne soit trop tard. On pouvait encore espérer que devant l'absurdité et les dérapages de l'art, il y aurait des réactions salutaires.

Le livre L\'enterrement du dernier peintre

Parution en 2015

Le livre

 

LA CHARLITUDE, ÇA N'EXISTE PLUS

de  Martina Charbonnel

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L'avant-garde en peinture

Auteurs :

Georges Koutsandréou et Martina Charbonnel


Le livre MOUVEMENT CONJONCTION Bannière 648x6

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Roman ( écrit en 1997)

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2012

Le livre L\'enterrement du dernier peintre

L'enterrement du dernier peintre

de Martina Charbonnel


Livre sur l'art contemporain

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Le livre L\'injection létale

L'injection létale

Les dangers d'une loi sur l'euthanasie

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La sourcière

de Martina Charbonnel

Théâtre (1985)

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Le livre Une aventurière de Dieu

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de Martina Charbonnel

Théâtre :  (2007)

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Édition 2015 :

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Libérez Dieu  ! Lettre ouverte à Dieu

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