Cher Dieu,

 

 

 

Je m’adresse à toi, aujourd’hui, en sachant que tu ne me répondras pas de vive voix, mais je te dédie ces mots,  dans l’espoir qu’ils résonnent de ta grâce. Qu’ils t’aiment ou te rejettent,   bien des gens t’appellent “le bon Dieu” parce qu’ils  t’imaginent   doté de caractéristiques humaines, tout en étant bienveillant et surpuissant. Est-ce ta vraie nature ? D’une façon étrange, ce sont le plus souvent   les gens athées   qui s’appuient sur cette définition, pour mieux  se détourner  de toi, parce qu’à leurs yeux, tu n’as pas été assez bon.  Ils  te reprochent de ne pas suffisamment veiller sur l’humanité. Ils te font porter la responsabilité des catastrophes naturelles, des guerres, de  la tyrannie ou   de  la misère. Si  je  pensais que tout ce qui se passe dans le monde  relevait de ton unique volonté,  je serais tentée  de leur donner raison. Ce n’est pourtant  pas pour te faire des reproches que je t’écris aujourd’hui.

Ces récriminations assourdissantes couvrent le chant ardent des prières. Elles se perdent dans la nuit des temps,  mais le chœur des révoltés   est devenu aphone,  pour s’être trop égosillé. Les railleries et les  affronts ne t’atteignent  plus. Malheureusement, les chemins qui menaient  à toi ont tellement été obstrués et déviés de leur sens initial, que les hommes à ta recherche  courent dans  tous les sens,  s’accrochant à la moindre trace de toi, à la plus infime ouverture, ressemblant à un sentier.

Pourtant, la plupart des gens  ne guettent plus de signes de ta présence.  Certains clament ta mort pour  tenter de s’accaparer ta puissance et rêvent de maîtriser,  par la science,  le secret de l’immortalité  sur terre.  D’autres ont trouvé le moyen de te neutraliser en parlant en ton nom  et en  faisant passer pour ta volonté,   leur besoin  de domination et d’oppression des peuples. Le 21e siècle était annoncé comme celui de la spiritualité, ressentie comme une urgente nécessité, pour succéder au 20e siècle qui en  fut dramatiquement dépourvu. Cher Dieu, ton retour  au premier  plan ne s’est pas fait attendre mais est-ce vraiment toi ? Permets-moi d’en douter,  car tu n’occupes jamais le devant de la scène, pas plus que tu n’apparais dans des bals masqués, où seules  les femmes devraient cacher leur visage.

Pourrais-tu envoyer à l’humanité, d’autres signes que des messages de paix ? Autrefois, tu  t’es exprimé  par la voix des prophètes. Ont-ils bien transmis tes messages et les avons-nous bien compris ? Tu nous as envoyé ton fils, mais   les hommes   ne sont pas devenus meilleurs. Nous vivons cependant  des temps    il n’a jamais été autant question de toi. Pourtant, ce n’est pas de toi que l’on parle, mais des religions qui déferlent  dans l’espace  public de pays qui  ne savent même plus qui tu es   et  dont les dirigeants sont d’autant plus désemparés, qu’ils se sont détournés de toi depuis longtemps. Plus les religions cherchent  à imposer au monde ce qu’elles affirment être ta loi, plus tu t’éloignes d’elles.  C’est à croire qu’elles n’ont pas d’autre but que de te faire taire, afin de mieux parler à ta place, à  mettre  un écran entre l’humanité et toi  pour  trahir ta vérité.

Plus que jamais, j’aimerais  que tu  manifestes ta présence de façon plus tangible,   que tu te montres enfin débarrassé des  oripeaux que t’ont fabriqué  les religieux ainsi que  les gens  athées. Pour t’avoir rencontré  à plusieurs reprises, je me sais  liée à toi  par un contrat  secret.   Je me sens  engagée par un serment  prononcé avec les mots du silence, les mots de l’âme.   Parfois,  je me dis que c’est une responsabilité trop lourde et je ne me sens pas toujours le courage  de parler de ce qui m’a été  donné de connaître. En effet,  qui suis-je pour écrire des livres sur toi ?  Je n’ai pas  étudié la théologie. Je n’ai pas consacré ma vie à la religion. Je ne suis pas exempte de péchés. Je n’ai pas entendu de prophéties  et je ne suis “qu’une femme”. Je crois pourtant  que les temps sont mûrs et  que les moyens de diffusion existent  pour qu’il n’ y ait plus besoin de prophètes ni de gourous  pour révéler  des secrets  que tes envoyés seraient seuls à connaître.

Les temps sont au partage des expériences spirituelles, afin  que les personnes qui te cherchent,  progressent dans leur connaissance de toi et  se souviennent  où et comment elles ont pu te rencontrer ; ceci afin de ne pas prendre le risque  de manquer leur  prochain rendez-vous avec toi.

La voie mystique impose-telle le silence ou demande-t-elle  de révéler ce qui a été perçu ? Je crois que je connais la réponse,  mais  si je t’écris cette lettre  ouverte aujourd’hui, c’est pour  te demander de m’aider à  trouver les mots qui vibrent et la meilleure façon de faire sentir aux gens qui te rejettent, qu’ils font fausse route.

 Ils sont libres de se fourvoyer, mais à travers leurs  plaintes et  leur colère  devant ton impuissance à  faire régner l’harmonie sur terre, je ressens leur  besoin de toi. Leur rejet ressemble trop  à du dépit ou à un appel non entendu.

Le silence est le secret de la solitude ; ensemble ils forment  un couple. La solitude  se cache  et se ressource dans le silence.  En lui, elle cesse d’être un fardeau. La solitude ressemble à une malédiction  mais dans le   silence, elle  devient un hymne par lequel le Souffle peut moduler sa voix secrète. Pourtant, la solitude  se fraie un chemin  dans le brouhaha   des relations humaines. Je l’ai éprouvée   dans la communication virtuelle, où j’ai de plus en plus  souvent l’impression d’être incomprise. Je savais qu’en racontant mes rencontres avec toi, je prenais un risque. J’ai toujours  aimé défendre avec vigueur, des causes difficiles et lorsque je les sentais justes, des combats apparemment perdus d’avance. Je n’ai ni la force ni la popularité requise pour mener à bien cette tâche.

En allant à l’encontre des idées communément admises,  je  récolte  souvent l’hostilité. Je  me sens  pourtant le devoir  de dire ce que la vie et les épreuves m’ont permis de comprendre. Si mes textes publiés sur la Toile se contentaient de raconter  ma vie, mes rêves,  de parler de mon art, de  commenter les évènements sociaux ou de traiter de sujets philosophiques ou politiques, je  me  ferais sans doute quelques amis. Malgré des convergences de vues en bien des points, j’ai découvert que  les gens éprouvaient parfois une certaine gêne envers moi. Lorsque j’ai l’occasion d’exprimer mon désarroi et mon impression de solitude, c’est toujours la même réponse qui m’est  faite.

 

Mon mysticisme et ma façon d’exprimer ma foi  dérangent. Je m’exprime du plus profond de mon être et j’ai parfois l’impression, que pour bien des  gens, il ya trop de décibels dans mes mots. C’est comme si ce monde qui semble leur échapper ou peut-être qu’ils cherchent à fuir  se situait dans un “ailleurs”   où ils craignent d’être entraînés malgré eux,  sans doute par peur de t’y rencontrer. Plus ils reconnaissent le bien-fondé de mes propos, plus je les inquiète. Pourquoi ? Parce  que j’exprime ma dimension mystique en même temps qu’une rigoureuse rationalité. Je n’en suis plus à me dire que je dois choisir. J’assume toutes ces facettes. En toi, elles s’unifient car tout est UN. Nos sociétés   favorisent   la division et les antagonismes.

Il ne serait pas plus concevable  d’être à la fois mystique et rationnelle que  d’être en même temps  croyante  et athée. En dépit des apparences,  la foi en Toi et l’athéisme font parfois bon ménage.  Le doute est inséparable  de la foi mais si  bien des personnes croyantes  admettent parfois douter de ton existence,  rares sont les gens athées qui  reconnaissent leur besoin de transcendance.

Oh mon  Dieu, aux yeux de bien des gens, tu es ma faille, ma fêlure alors qu’au contraire tu es ma force. L’athéisme est si ancré dans la société, que les gens qui veulent  être pris au sérieux ne s’affichent  pas avec leur foi. Quand ils admettent être croyants,  ils se retranchent derrière une religion qui a déjà  tellement balisé le parcours en balayant les miracles et le surnaturel, qu’elle en est devenue intellectuellement et spirituellement correcte. Parmi les pratiquants chrétiens non sectaires, les catholiques et les   protestants sont assez fermés au mysticisme. Il en  est d’autres qui au contraire mettent en scène le miracle,   comme certaines  sectes  évangélistes, dont un grand nombre de pratiquants semble savoir parler en langues.  Surnaturel garanti, proposé  par les sectes ou au contraire, hésitations,  tergiversations ou gêne devant ce que ni la raison ni la science ne parviennent à expliquer : Où  te trouver ? Dans la supercherie ou dans la transformation de ton amour  en code de  conduite sociale, perméable aux influences politiques et culturelles ? Ni l’un ni l’autre bien sûr. Tu ne te révèles  qu’aux personnes qui sont déjà en  chemin. Les réserves  de bien des chrétiens  sur la question de la vie après la mort  donnent à penser qu’ils    croient  de moins en moins en  l’immortalité de l’âme.

Á entendre les propos de certains prêtres catholiques, je me demande s’ils sont encore en communication avec toi. L’un d’entre eux   fait des  difficultés pour célébrer un mariage religieux lorsque les futurs époux n’ont pas d’emploi.  N’aurais tu pas le cœur assez vaste pour accorder ta grâce à des personnes n’ayant plus que leur  amour pour réapprendre à sourire à la vie ?  Si un couple de sans-abri  venait frapper à la porte  d’une église pour demander le sacrement du mariage,  comment  serait-il possible   ne pas voir que l’amour  est un défi à la fatalité, une construction fragile à soutenir, une passerelle    vers des  îlots d’humanité ?  Des gens privés d’emploi sont-ils condamnés  à mourir  de solitude ?   Il leur est  toujours possible de vivre ensemble sans être mariés, mais se peut-il que tu tournes le dos à des gens qui s’aiment, sous prétexte qu’ils n’ont pas de travail ? Attends-tu de  nous que nous soyons réalistes ou rayonnes-tu  dès que tu sens  une vibration d’amour ? Si la rencontre de l’âme-sœur  permettait  à des personnes  découragées de reprendre confiance  pour  prendre  un nouveau départ dans l’existence, ceci ne mériterait-il pas de faire sonner toutes les cloches d’une église pour fêter le retour de l’espérance ? Jésus doit pleurer lorsqu’il entend que son église refuse de marier les personnes qui ont le plus besoin de son soutien, lui qui est né dans une étable, de parents sans le sou, fuyant pour le protéger. Mon Dieu pourquoi te trouves-tu aussi si peu dans les lieux de culte ?    Mais peut-être les gens qui s’aiment sans  certificat  religieux  sont-ils déjà dans ton cœur ?

Le  curé qui refuse  de marier des gens sans emploi  fustige également les bénéficiaires des minima sociaux en    disant qu’il faudrait cesser tout versement  pour les obliger à travailler.  Vu  qu’il n’y a pas assez d ‘emplois pour tout le monde, supprimer  les ressources de substitution,  ne pourrait qu’entraîner  une plus  grande misère et condamner les plus démunis à la rue. Comment peux-tu laisser dire de telles choses en ton nom ?  Pourquoi n’emplis-tu pas d’amour et de compassion le cœur des gens qui    se disent  tes  serviteurs ? Ce prêtre semble  avoir perdu le sens de sa vocation.  Ses propos sont directement calqués sur des discours politiques qui n’ont absolument rien de spirituel.

 “Religieux ” ne devrait jamais  devenir un métier. Peut-on professionnaliser  une  force mouvante, l’irruption de la lumière,  un flux d’amour  sans cesse renouvelé ? Des prières répétées peuvent-elles être parcourues par le Souffle ?  Il faut sans doute une bien plus grande force spirituelle pour être religieux  en  restant  dans  la clarté de ton amour,  qu’en  cherchant à te rencontrer, seulement lorsque  le besoin s’en fait sentir.

Une personne  qui voue  sa vie  à la religion se sent probablement animée par  un élan spirituel de nature  à  lui permettre de surmonter la solitude et les épreuves. Pourtant, quelques décennies plus tard, quand les textes sacrés, mille fois rabâchés sont devenus des rituels ou des mots vides  de sens, la foi s’étiole, rigidifiée par  l’habitude. Où peuvent alors se glisser les rappels de ta présence ?  Entre les religieux et toi, s’installe une relation de vieux couple, la passion n’y étant  plus depuis longtemps.  Le frémissement du désir ou de l’appel à trouver la complétude  semble enseveli sous une pléiade de compromis.

L’habitude  est-elle un déni d’amour, une tristesse qui ne dit pas son nom, de la  résignation ? Rien n’est pire que de te chercher, de  t’appeler en ayant l’impression d’avoir perdu la grâce, car perdre la grâce c’est s’éloigner de toi. Pourtant,  un couple dont la ferveur amoureuse s’est  assagie depuis longtemps peut  se ressourcer dans un lien devenu  une autre composante de l’amour. Ne peut-il pas y avoir d’amour sans liberté ? Peut-être,  car rien ne serait pire qu’un couple n’ayant  pas le droit de se séparer , une fois que l’amour s’en est allé. De la même façon,  une personne entrée en religion doit pouvoir à tout moment   renoncer à ses vœux, car si le  cœur  et l’âme  ne sont plus irrigués par la sève spirituelle, elle ne peut plus t’aimer ni ne servir. Malheureusement, bien des religieux continuent à parler en ton nom sans jamais  plus ressentir le Souffle. 

Parution en 2015

Le livre

 

LA CHARLITUDE, ÇA N'EXISTE PLUS

de  Martina Charbonnel

107 pages noir  et blanc 14,85x21 illustrations N et B

9,80 €

 ISBN  : 979-10-90342-21-7

 2014

 

MOUVEMENT CONJONCTION

L'avant-garde en peinture

Auteurs :

Georges Koutsandréou et Martina Charbonnel


Le livre MOUVEMENT CONJONCTION Bannière 648x6

153 pages couleurs  format A4 39,59 €

ISBN : 979-10-90342-19-4

2013

 CLONITUDE

de  Martina Charbonnel

Roman ( écrit en 1997)

200 pages(14,8x21cm)  16 €

979-10-90342-16-3

2012

Le livre L\'enterrement du dernier peintre

L'enterrement du dernier peintre

de Martina Charbonnel


Livre sur l'art contemporain

283pages 14,85x21 16 €

ISBN :  979-10-90342-08-8

 

Le livre L\'injection létale

L'injection létale

Les dangers d'une loi sur l'euthanasie

de Martina Charbonnel

109 pages  14x85x21  11,50 €

 ISBN  979-10-90342-12-5


Vague rose sur fond noir

de Martina Charbonnel

Politique  ; élections 2012

247 pages 14,8 X 21

14,50 €

  ISBN  :979-10-90342-07-1


Du vent et des larmes

de Tramontane ( Martina Charbonnel)

Politique : élections de 2007

193 pages 11x17

11€

 ISBN : 979-10-90342-06-4

 2011

Bagages accompagnés

de Martina Charbonnel 

Théâtre  (1994)

62 pages  14,8x2  12€

ISBN: 979-10-90342-05-7

 

Tapage nocturne

de Martina Charbonnel

Théâtre (1995)

111 pages   12 €

ISBN : 979-10-90342-04-0

 

Jeu de l'Oie

de  Martina  Charbonnel

Théâtre  (1985)

68 pages 14,85x21  11€

ISBN : 979-10-90342-03-0

 

La sourcière

de Martina Charbonnel

Théâtre (1985)

59 pages 14,85x2  11€

ISBN : 979-10-90342-02-6


Fais le beau !

de Martina Charbonnel

Théâtre (1985)

68 page 14,85x 21  11€

 ISBN : 979-10-90342-02-6

 

Théâtre I et II

de Martina Charbonnel ( 1984)

"Tombe amoureuse"

 "Faux-fuyant "

73 pages  11€

ISBN : 979-10-90342-00-2

 

La maternelle

 de Martina Charbonnel

Théâtre ( 1985)

80 pages  14,85x21  11 €

978-2-9536608-9-0


2010

Les meubles parlent

de Martina Charbonnel

Théâtre  (1993)

112 pages 14,8 X 21  13 €

 ISBN : 978-2-9536608-8-3

 

Gens d'entresol

de Martina Charbonnel

Théâtre  ( 2004)

82 pages  14,8x21  11,60 €

  ISBN : 978-2-9536608-7-6

 

UNe aventurière de Dieu

Le livre Une aventurière de Dieu

Une aventurière de Dieu

de Martina Charbonnel (2009 )

Témoignage spirituel

266 pages  16 €

 ISBN 979-10-90342-12-5

 

La grognasse

Le livre La grognasse

La grognasse

 de Martina Charbonnel

Roman humoristique 

 152 pages   12,50 €

ISBN : 979-10-90342-09-5

 

La Toile

Le livre La Toile

La Toile

de Martina Charbonnel

Théâtre :  (2007)

93 pages 14,85x21 10,10

 ISBN  : 978-2-9536608-3-8

 

Gigaconsom 

de Martina Charbonnel

  Théâtre  ( 2005)

Édition 2015 :

79 pages  14,5x21  9,60 

ISBN : 979-10-90342-23-1


L'être aimé invisible

de Martina Charbonnel

Amour et métaphysique

152 pages 11x17  9 €

N° ISBN : 978-2-9536608-4-5

Libérez Dieu  ! Lettre ouverte à Dieu

de Martina Charbonnel

123 pages 11x17

9,53 €

 ISBN :978-2-9536608-1-4