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On a la couronne qu'on mérite

Ça souffle pas mal pour un début, hein ? Pas de quoi avoir le blues, mais ça va swinguer avec les changements qui s’annoncent, surtout pour ceux qui sont déjà un peu dans la tempête.

J’avais le moral dans les chaussettes ces derniers temps, mais je sais pourquoi. C’est pas à cause de l’autre qui pavoise depuis qu'il est élu. C’est vrai qu’il y a de quoi être patraque, mais même en somatisant un max, c’est quand même pas ça qui m’a collé un abcès ! Ma dentiste a dû me filer un remède de cheval et il paraît que ces antibios risquent de déclencher des trucs bizarres, style problèmes neurologiques et pustules sur tout le corps, enfin rien de très ragoûtant. Rien que de lire la notice du médicament, ça me rend malade ! Chaque fois que je peux,   je préfère les tisanes et les remèdes naturels. Le thym me résout pas mal de choses mais un abcès dentaire ça rigole pas ! Bon, pour l’instant à part un petit coup de spleen, y a toujours pas de pustules sur le corps et c’est en bonne voie. Tant mieux, car si l’abcès passe pas, ma dentiste va m’enlever la jolie couronne qu’elle m’a posée, il y a même pas six mois. En plus elle l’a tellement bien collée que même en tapant dessus comme une dingue, la couronne résiste. Elle risque d’être obligée de la scier.

Ça promet ! Faut dire que lorsqu’on est pauvre et qu’on a une couronne, on s’y accroche. On tient à la garder. Bon c’est sûr que c’est quand même pas une couronne en or. C’est juste un alliage qui décourage pas vraiment les bactéries qui veulent s’y abriter. On a la couronne qu’on mérite. Même si je baragouine quelques mots en anglais comme " Blowin’ in the wind"  j' suis quand même pas la reine d’Angleterre. Faut pas rêver  ni compter sur la sécu, pour nous payer des dents en or. J' sais même pas si ça se fait encore. Faut dire que c’était risqué quand l’or était trop voyant dans le style sourire kitsch qui se voyait de loin. N’importe qui pouvait vous agresser pour vous arracher vos dents en or. C’est certainement à cause des délinquants que la Sécu préfère rembourser des couronnes que personne vous envie ! Et puis avec Sarko, y a même plus de délinquants : une société de rêve, quoi !

Faut quand même se coltiner les réflexions. Quand c’est pas le dentiste qui fait la gueule, y a toujours quelqu’un qui vous fait remarquer que vous êtes redevable de quelque chose. La secrétaire médicale a tenu à me donner le décompte de ces fameux appareils dentaires avec un air moralisateur   qui n’augurait pas un avenir social bien solidaire. Elle a pris à témoin la dentiste   gênée. "  C'est pas parce qu’ils   ont la CMU qu’ils doivent pas savoir combien on paie  pour eux ! " Qui ça "  ils  ? "Les gueux bien sûr. Faut les responsabiliser pour qu’ils abusent pas, des fois qu’il leur prendrait l’envie d’aller souvent chez le dentiste : Se faire charcuter, y en a qui aiment ! C’est sûr qu’on s’habitue à la roulette. Y en a même qui se shootent à l’anesthésiant qui vous laisse la moitié de la gueule engourdie. Il en faut pour tous les goûts. Faut dire que pour les pauvres, aller chez le dentiste, c’est un peu la sortie du dimanche : on se brosse les dents, ce jour-là. Une fois à la Saint-glinglin c’est toujours ça de pris! J’ai quand même fait remarquer à cette personne pleine de sollicitude que la Caisse primaire d’assurance maladie nous informe régulièrement de tous les remboursements.

Y a des gens qui vont être contents quand les pauvres pourront plus se faire soigner. Sauf que si les dispensaires se mettent aussi de la partie, on se demande bien à quoi ils serviront. Si les centres de soins   ferment, le vote vengeur annonçant de lendemains amers, risque d’envoyer ces anti-pauvres rejoindre la cohorte des chômeurs, des branleurs, des fainéants et des gens qui savent plus se lever tôt le matin parce que pour eux c’est toujours la nuit.

Déserteurs du travail

Contrairement aux idées reçues, c'est pas gratifiant et encore moins facile ou confortable de pas bosser. Ce non-travail du chômeur ou du   érémiste  ressemble en rien à ce que peut vivre un retraité qui jouit du statut social que lui a procuré sa profession. Dans bien des cas, sa pension lui assure des possibilités de loisirs bien mérités.

 

Quand vous vivez des minima sociaux, votre cercle relationnel se rétrécit jusqu’à devenir inexistant. Vous finissez par fuir les quelques connaissances que vous croisez encore dans la rue pour éviter la question : "Qu’est-ce que tu deviens ? " et votre réponse marmonnée entre les dents : "Toujours pareil !" . Ce " toujours pareil" vous inclut encore dans la communauté humaine mais ces mots d’une grande banalité résonnent pour vous comme une blessure que vous lisez dans le regard gêné de votre interlocuteur qui comprend qu'il   vaut mieux pas insister. Vous êtes autorisé à vous définir que par votre absence de statut social.

 

Il vous faut affronter la suspicion d’une société de plus en plus hostile qui vous a rejeté   parce que vous étiez sans doute trop quelque chose : trop vieux, trop spécialisé dans un métier remplacé par l’ordinateur, trop peu flexible,   trop mère, trop artiste, trop pauvre pour acheter la voiture indispensable à vos déplacements, trop grande gueule, trop asocial, trop rêveur, trop gros, trop intelligent, trop lucide, trop timide, trop décalé, trop naïf, trop déprimé, trop foncé de peau, trop instable, trop insouciant, trop mystique trop maladif mais rarement trop fainéant. Bref vous avez pas le profil et la société aime pas ce qui dépasse. Elle vous ratiboise tout ça au niveau de la cloche pudiquement rebaptisée de trois lettres RMI.

 

Ces trop-pleins dont la société du travail a fait le vide   recèlent des pépites, mais personne prend le temps de s’y arrêter. Si vous êtes trop quelque chose pour avoir votre place parmi les humains, on vous bannit. Rejeté, jugé, condamné, il vous faudrait à présent dire "merci" pour toutes ces humiliations et vous montrer reconnaissant et utile envers la société qui vous a brisé même lorsqu'elle vous a consenti une aumône ! Utile à quoi ? Á ce que l’on attendra de vous, rien de plus ! Une ancienne cadre de banque sera chargée d’expliquer aux gens comment mettre leurs déchets ménagers dans la poubelle adéquate : C’est sûr   qu’elle sait rien faire d’autre! Une ex-VRP devra mettre directement les mains dans la merde pour trier les ordures des autres : Merci le développement durable ! Un auteur de contes pour enfants postulant pour emploi dans une bibliothèque expliquera qu’il aimerait en profiter pour animer un atelier-contes mais la responsable lui fera remarquer qu’il est pas là pour marcher sur les plates-bandes des gens dont c’est le boulot. Son rôle se cantonnera à réparer et couvrir les bouquins. Un comédien privé du statut d’intermittent se verra proposer une place dans un centre culturel pour faire le ménage alors qu’il pourrait donner des cours de théâtre. On pourrait multiplier à l’infini ces exemples authentiques...

 

Face à toutes ces agressions, le repli est souvent la seule façon de vous préserver, histoire de retrouver l’intégrité dont la société vous   dépossède pour vous reconstruire loin des images infamantes… Et cultiver ce que vous avez de plus précieux : votre conscience et votre dignité.

 

Réfléchir, s’instruire, créer, prier, espérer, bâtir des projets que les travailleurs sociaux boudent, aimer, s’occuper de ses enfants, d’un parent malade,   communiquer avec les animaux, renouer avec le meilleur de soi : C'est un vaste programme qui vous appelle mais vous savez que vous pouvez compter que sur vous-même…

 

Si vous vous sentez suffisamment fort pour retenter quelques contacts sociaux, alors vous pouvez tâter du bénévolat dans une association ou militer pour un monde meilleur mais vous ressentirez toujours un léger décalage avec les autres. Il vous faut beaucoup de courage pour survivre à une mort sociale en ayant le sentiment intime d’avoir une valeur qui vous est déniée.

Il est tout de même étrange que ceux qui vous ont condamné à l’exil social exigent de vous que vous serviez une société qui piétine votre savoir-faire et vos talents. Voilà pourquoi certains préfèrent déserter un monde du travail qui refuse ce qu’ils pourraient donner.

Le livre Du vent et des larmes

Parution en 2015

Le livre

 

LA CHARLITUDE, ÇA N'EXISTE PLUS

de  Martina Charbonnel

107 pages noir  et blanc 14,85x21 illustrations N et B

9,80 €

 ISBN  : 979-10-90342-21-7

 2014

 

MOUVEMENT CONJONCTION

L'avant-garde en peinture

Auteurs :

Georges Koutsandréou et Martina Charbonnel


Le livre MOUVEMENT CONJONCTION Bannière 648x6

153 pages couleurs  format A4 39,59 €

ISBN : 979-10-90342-19-4

2013

 CLONITUDE

de  Martina Charbonnel

Roman ( écrit en 1997)

200 pages(14,8x21cm)  16 €

979-10-90342-16-3

2012

Le livre L\'enterrement du dernier peintre

L'enterrement du dernier peintre

de Martina Charbonnel


Livre sur l'art contemporain

283pages 14,85x21 16 €

ISBN :  979-10-90342-08-8

 

Le livre L\'injection létale

L'injection létale

Les dangers d'une loi sur l'euthanasie

de Martina Charbonnel

109 pages  14x85x21  11,50 €

 ISBN  979-10-90342-12-5


Vague rose sur fond noir

de Martina Charbonnel

Politique  ; élections 2012

247 pages 14,8 X 21

14,50 €

  ISBN  :979-10-90342-07-1


Du vent et des larmes

de Tramontane ( Martina Charbonnel)

Politique : élections de 2007

193 pages 11x17

11€

 ISBN : 979-10-90342-06-4

 2011

Bagages accompagnés

de Martina Charbonnel 

Théâtre  (1994)

62 pages  14,8x2  12€

ISBN: 979-10-90342-05-7

 

Tapage nocturne

de Martina Charbonnel

Théâtre (1995)

111 pages   12 €

ISBN : 979-10-90342-04-0

 

Jeu de l'Oie

de  Martina  Charbonnel

Théâtre  (1985)

68 pages 14,85x21  11€

ISBN : 979-10-90342-03-0

 

La sourcière

de Martina Charbonnel

Théâtre (1985)

59 pages 14,85x2  11€

ISBN : 979-10-90342-02-6


Fais le beau !

de Martina Charbonnel

Théâtre (1985)

68 page 14,85x 21  11€

 ISBN : 979-10-90342-02-6

 

Théâtre I et II

de Martina Charbonnel ( 1984)

"Tombe amoureuse"

 "Faux-fuyant "

73 pages  11€

ISBN : 979-10-90342-00-2

 

La maternelle

 de Martina Charbonnel

Théâtre ( 1985)

80 pages  14,85x21  11 €

978-2-9536608-9-0


2010

Les meubles parlent

de Martina Charbonnel

Théâtre  (1993)

112 pages 14,8 X 21  13 €

 ISBN : 978-2-9536608-8-3

 

Gens d'entresol

de Martina Charbonnel

Théâtre  ( 2004)

82 pages  14,8x21  11,60 €

  ISBN : 978-2-9536608-7-6

 

UNe aventurière de Dieu

Le livre Une aventurière de Dieu

Une aventurière de Dieu

de Martina Charbonnel (2009 )

Témoignage spirituel

266 pages  16 €

 ISBN 979-10-90342-12-5

 

La grognasse

Le livre La grognasse

La grognasse

 de Martina Charbonnel

Roman humoristique 

 152 pages   12,50 €

ISBN : 979-10-90342-09-5

 

La Toile

Le livre La Toile

La Toile

de Martina Charbonnel

Théâtre :  (2007)

93 pages 14,85x21 10,10

 ISBN  : 978-2-9536608-3-8

 

Gigaconsom 

de Martina Charbonnel

  Théâtre  ( 2005)

Édition 2015 :

79 pages  14,5x21  9,60 

ISBN : 979-10-90342-23-1


L'être aimé invisible

de Martina Charbonnel

Amour et métaphysique

152 pages 11x17  9 €

N° ISBN : 978-2-9536608-4-5

Libérez Dieu  ! Lettre ouverte à Dieu

de Martina Charbonnel

123 pages 11x17

9,53 €

 ISBN :978-2-9536608-1-4