Début de la pièce

ACTE 1 SCÈNE 1

DÉCOR : Une cage d'escalier avec un pallier assez large.

 

 

LE CHÔMEUR, L'ARTISTE, LE PROF

 

Un homme ayant aux alentours de la quarantaine, est assis devant une porte et regarde un journal. Arrivent deux hommes d'allure décontractée qui semblent se connaître. Ils ont tous les deux environ trente ans. L'un d'eux est vêtu de façon excentrique et tient un carton à dessins sous le bras. L'homme au journal (le chômeur) les dévisage avec attention et méfiance.

 

LE CHÔMEUR : Bonjour.

 

L'ARTISTE (froidement) : Bonjour ! (à son ami) Evidemment, nous ne sommes pas les premiers !

 

LE PROF : Non et pourtant nous sommes en avance. Ce n'est pas grave puisque nous avons rendez-vous.

 

LE CHÔMEUR : Moi aussi, j'ai rendez-vous.

 

L'ARTISTE (irrité) : Á quelle heure ?

 

LE CHÔMEUR : Á quatorze heures.

 

LE PROF : Nous aussi.

 

L'ARTISTE ( ironique) : Vous couchez là, peut-être? Vous avez emmené votre pique-nique ?

LE PROF : Calme-toi ! (au chômeur) : Ça fait longtemps que vous êtes là?

 

LE CHÔMEUR : Plus d'une heure.

 

L'ARTISTE : C'est du délire !

 

LE CHÔMEUR : C'est un minimum et croyez-moi, j'ai l'habitude !

 

LE PROF : Vous cherchez depuis longtemps ?

 

LE CHÔMEUR : Depuis des années.

 

L'ARTISTE : Et bien sûr, vous ne trouvez rien !

 

LE CHÔMEUR : Je trouve, mais ça ne marche jamais.

 

L'ARTISTE : Si j'étais à votre place, je rentrerais chez moi. Vous perdez votre temps.

 

LE CHÔMEUR : Du temps, j'en ai à revendre. Je suis chômeur. Je cherche du boulot..

 

L'ARTISTE : Vous cherchez beaucoup de choses. (à son ami) Qu'est-ce qu'on fout là ? On s'en va ?

 

LE PROF : Pourquoi? Ailleurs, ce sera pareil.

 

L'ARTISTE (furieux) : Tu crois que c'est utile ?

 

LE PROF: On ne sait jamais. Parle pour toi !

L'ARTISTE : Nous n'avons aucune chance.

 

LE PROF : Pourquoi ? Á cause des revenus ? Tu n'as pas de soucis à te faire. Tu sais faire du charme si besoin est.

 

L'ARTISTE : Toi encore, t'es dans l'enseignement. C'est toujours apprécié.

 

LE PROF : Á deux, c'est plus drôle d'attendre.

 

SCÈNE 2

LES MÊMES, LE TIMIDE

 

Un jeune homme plutôt timide, d' environ vingt-cinq ans arrive en hésitant. En voyant les trois personnes il fait demi-tour, puis se ravise et s'assoit légèrement à distance des autres. Silence. Tous les regards se sont tournés vers lui. Il baisse les yeux.

 

LE PROF : Vous venez aussi pour l'annonce ?

 

LE TIMIDE : Euh... (hésite) je ne sais pas. Je crois bien que oui.

 

L' ARTISTE (à son ami) : Tu vois bien ! Laisse tomber ! Je connais de meilleures occases.

 

LE PROF : Attends avant de juger ! Faut pas rêver ! Tu ne pensais pas être le seul ?

 

L'ARTISTE : Moi, j'ai envie de rêver. Mais toi, qu'est ce que tu ferais à attendre derrière cette porte si tu ne rêvais pas un peu ? Et d'abord sommes-nous sûrs qu'il y a personne. Nous n'avons même pas frappé.

 

LE CHÔMEUR : J'ai frappé. Personne n'a ouvert.

 

L'ARTISTE (furieux) : Voilà pourquoi vous étiez là avant tout le monde. Vous espériez qu'il y aurait quelqu'un. Vous vouliez nous doubler!

 

LE PROF : Allons, sois logique ! Dans ces circonstances, c'est chacun pour soi !

 

Arrive un flic en uniforme.

 

SCÉNE 3

LES MÊMES, LE FLIC

 

Silence, dès qu'il arrive. Le jeune homme timide baisse les yeux. Le chômeur le regarde avec respect. Ayant aux alentours de quarante-cinq ans, le flic est bedonnant.

 

LE FLIC : Bonjour ! II y a de la jeunesse ici ! Ça promet ! Et bien sûr, tout ce petit monde s'est dépêché d'arriver. Y a de la concurrence dans l'air! Et bien, que le meilleur gagne !

 

LE PROF : Vous pensez qu'il faut être le meilleur ? Sur quels critères ?

 

LE FLIC : Non malheureusement ça n'est pas une garantie ! Nous passons sans doute par ordre d'arrivée et les premiers sont   favorisés.

 

LE CHÔMEUR : Je l'espère bien !

 

LE FLIC (agressif) : Vous dites ça parce que vous êtes sans doute le premier. Ça m'est égal. C'est pratiquement "dans la poche" pour moi. Je suis fonctionnaire et les gens me prennent au sérieux

 

L'ARTISTE (méprisant) :  C'est pas une référence.

 

LE PROF (à 1'artiste) : Ça dépend ! (au flic) Vous n'êtes pas le seul dans ce cas . Et puis, il y a "fonctionnaire" et fonctionnaire !

 

LE TIMIDE (à mi-voix) : Non, monsieur, vous n'êtes pas le seul.

Tous le regardent, il baisse les yeux.

 

LE FLIC : Oui, mais moi, je suis gardien de la paix.

 

L'ARTISTE (ironique) : Vraiment ? Je n'avais pas remarqué.

 

LE CHÔMEUR : Dans ce cas, c'est vrai que vous avez de sérieuses chances.

 

LE PROF : Et alors, quelle importance ? Les annonces ne sont qu'un moyen parmi d'autres.

 

LE CHÔMEUR : Moi, je n'ai pas d'autre solution.

 

LE PROF : Et les relations ? Le bouche à oreille ça marche parfois.

 

LE FLIC : Vous voulez dire le piston ?

 

LE PROF : Pas seulement. Je parlais des amis.

 

LE CHÔMEUR : S'il faut en plus chercher des amis, ça devient trop compliqué !

 

LE FLIC (au prof) : Puisque vous êtes si bien placé, laissez donc la place aux autres !

 

LE PROF : Je sais ce que j'ai à faire. Chacun pour soi, Monsieur l'agent.

 

Une femme d'une cinquantaine d'années, distinguée et souriante avance d'un pas décidé. Silence.

 

SCÈNE 4

 

LES MÊMES, LA FEMME

 

 

LE FLIC (amusé) : Vous venez pour l'annonce ?

 

LA FEMME : Oui, c'est pour mon fils.

 

LE FLIC : Ah bon ? Il a une maman qui s'occupe drôlement bien de lui.

 

LE PROF (ironique) : II a bien de la chance.

 

LA FEMME : C'est la moindre des choses. Les jeunes aujourd'hui sont farfelus. On ne peut pas trop leur faire confiance dans leurs choix. Alors quand on a le temps et que l'on dispose de quelques moyens, on peut leur épargner des démarches inutiles.

 

LE FLIC : Vous avez bien raison, Madame. Je trouve que les jeunes sont un peu trop livrés à eux-mêmes. Et les parents s'en fichent ! Quel laxisme! Il n'y a plus d'autorité dans les familles. J'ai moi-même deux enfants déjà grands mais ils risquent pas de faire la loi à la maison.

 

LA FEMME : Je veux bien le croire. Faut dire que bien des parents n'ont pas assez de temps à consacrer à leurs enfants.

 

LE FLIC: II suffit de regarder tous ces délinquants et ces drogués pour voir les conséquences de la démission des familles.

 

L'ARTISTE (à son ami ) : Si c'est pour écouter ça, on ferait mieux d'aller boire un café. As-tu le journal ?

 

LE FLIC : Ben quoi, ça vous dérange ce que je dis ? Vous vous sentez peut-être concerné ? Vous par exemple est-ce que vous travaillez ?

 

L'ARTISTE : C'est un interrogatoire ? Je ne suis pas tenu de répondre à vos questions. (ironique) Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat.

 

LA FEMME (au flic) : Et vous, que faites-vous dans la vie ?

 

LE FLIC (fièrement) : Je suis gardien de la paix.

 

LA FEMME : Je m'en doutais. C'est un métier très intéressant. Et surtout, très utile à la société !

Extrait 2

 

LE FLIC : Quelle pétasse !

 

LE CADRE : Vu sa réaction, elle n'aime pas les hommes. Je ne m'étais pas trompé. C'était une gouine ou une féministe, ce qui revient au même

 

LE MILITANT : Vraiment, vous avez été odieux ! Complètement machos !

 

L'ARTISTE : On peut bien tenter sa chance.

 

LE MILITANT: Avec la première venue ? Tout ce qui porte jupons fait l'affaire ?

 

L'ARTISTE : Celle-ci me plaisait vraiment.

 

LE PROF : Toutes les femmes te plaisent. C'est vrai, qu'elle est pas mal foutue, mais c'est quand même pas une terreur.

 

LE CADRE : Pas du tout mon style. Elle se prend au sérieux et il n'y a vraiment pas de quoi.

 

LE FLIC: Moi, je l'aurais bien sautée. Je connais la chanson ! Elle demandait que ça, la petite !

 

L'ARTISTE : Certainement pas avec n'importe qui ! En d'autres circonstances, j'aurais pu la draguer et la séduire mais dans cet escalier entouré de mâles en manque de femmes, je me sentais un peu con.

 

LE MILITANT : J'ai ressenti la même chose. Moi aussi, elle me plaisait. Mais j'ai préféré m'abstenir parce que dans ces conditions, c'est minable. Trop désavantageux pour elle comme pour moi.

 

L'IMMIGRÉ : Moi, j'aime pas ce genre là. Pas assez gentille ! Elle veut avoir raison. Avec elle, les mecs doivent s'écraser. C'est elle qui porte la culotte et moi ça me fait pas bander.

 

LE FLIC : II suffisait de la dresser ! Ces femmes-là filent doux quand on sait y faire.

 

LE MILITANT (ironique) : Le test ne m'a pas paru très concluant.

 

LE FLIC : C'est parce que j'en avais pas vraiment envie. Elle avait un beau petit cul mais pas assez de nichons ! Celle qui est derrière la porte me plait beaucoup plus.

 

LE CADRE : Ah c'est pas tout à fait le même style! Elle n'a pas autant de classe. Elle est plus banale et peut-être pas trop fufute. Elle a l'air d'être une petite femme d'intérieur pas contrariante, assez discrète pour pas pour pas poser trop de questions.

 

LE MILITANT : C'est tout ce que vous regardez chez une femme ?

LE CADRE : Non, bien sûr ! C'est un détail qui a son importance mais ce n'est pas le seul. Moi personnellement, j'attache une grande importance au physique. Celle-ci aurait besoin d'être un peu plus arrangée pour être sortable. Mais une fois bien maquillée, elle sera tout à fait à mon goût.

 

LE MILITANT : Vous retardez ! Vous donniez pourtant l'impression d'être un peu plus évolué.

 

LE CADRE : Qu'est ce que vous appelez " évolué ? Un homme qui accepte d'être dominé par une femme ? J'ai déjà donné. Je préfère une femme plus conforme à mes attentes.

 

LE PSY: Vous voulez dire une femme non castratrice ?

 

LE JEUNE CADRE : Appelez-ça comme vous voudrez, (Il le regarde avec méfiance. ) mais depuis le féminisme, les femmes veulent nous singer et elles ne ressemblent plus à rien : Ce ne sont ni tout à fait des femmes ni tout à fait des hommes mais des créatures vindicatives et perverses.

 

LE MILITANT : Et dire que vous en êtes encore là les mecs ! Vous avez encore du chemin à faire ! Vous considérez une femme uniquement pour son cul, ses qualités domestiques et sa résignation. On est pas près de vivre des rapports différents !

 

LE FLIC : T' as oublié quelque chose d'important. En plus il faut qu'elles baisent bien.

LE PROF : On pourrait dire ça avec plus d'élégance, mais il est vrai que ça compte aussi !

 

L'ARTISTE : De ce côté là, j'ai jamais eu à me plaindre.

 

LE FLIC: Ah bon ? T'as des bonnes adresses ?

 

L'ARTISTE : Ça vous plairait que je vous en donne, mais vous n'auriez aucune chance. Mes copines n'aiment pas trop les flics.

 

LE FLIC : Qu'elles aillent se faire sauter ailleurs ! De toute façon ce genre de pétasses arriveraient même à faire débander un cheval. C'est juste bon pour les pédales comme toi.

 

LE PROF : Attention, je le connais bien. C'est un tombeur ! Aucune femme ne lui résiste. Vous allez voir : La petite blonde qui est derrière la porte, c'est lui qui va se la faire.

 

L'ARTISTE ( au flic) : Elle ne vous fait plus bander ?

 

LE FLIC : Oh celle-là (Il fait un geste obscène) !

 

L'IMMIGRÉ : Elle a pas l'air de se décider bien vite.

 

LE CADRE : La victoire n'en sera que meilleure. Elle a besoin de moi. Je suis le seul à lui promettre un petit nid douillet et un bébé si elle le veut bien.

 

LE FLIC : Elle attend peut-être des arguments plus virils. J'ai tâté le terrain. Il y a de quoi faire.

 

LE TIMIDE (scandalisé) : Vous l'avez touchée ? Vous avez osé ?

 

LE FLIC : Et comment ! Elle aime ça.

 

L'IMMIGRÉ : Je te crois pas. Elle vaut mieux que ça. D'ailleurs si c'était une pute, elle nous aurait gardés plus longtemps et fait des propositions. Tu mens   !

 

LE CADRE : Vous n'avez pas pu la peloter. Elle a l'air brave, cette petite. Vous prenez vos désirs pour des réalités ! Vous n'avez aucune chance.

 

LE FLIC : On verra ce qu'on verra.

 

L' IMMIGRÉ : Ce serait vraiment pas juste qu'elle aille avec un type comme lui.

 

LE TIMIDE : Elle mérite un homme qui la respecte.

 

LE CADRE : C'est vrai ! Moi, je respecte les femmes. Ce qui me gêne un peu c'est qu'elle ne m'a pas l'air très sportive. Pas assez musclée non plus ! Ça risque de poser problème pour le jogging et le tennis.

 

LE MILITANT : Ah parce qu'en plus il faudrait qu'elle soit sportive ?   Qu'est ce que vous voudriez de plus ? Des mensurations de rêve ?

 

LE CADRE : Et vous. Vous ne demandez rien à une femme ? Vous préférez vous laisser draguer ?

 

LE MILITANT : Moi, j'attends d'une femme qu'elle soit un être à part entière et pas un objet à ma convenance. J'ai pas besoin d'une femme pour me prouver que je suis un vrai mec. Je cherche une femme qui ait en elle, la beauté intérieure, une femme intelligente et lucide. Une femme capable de s'assumer.

 

LE CADRE : Si elle peut s'assumer sans vous, elle n'a pas besoin d'une relation avec vous.

 

LE MILITANT : II ne s'agit pas de besoin. Il s'agit de construire une relation égalitaire sans rapports dominant-dominé.

 

LE PROF : Je suis assez d'accord avec toi, mais tout ça, c'est de la théorie. Dans la pratique, c'est une autre chanson. Dans un couple, il y a toujours des rapports de force.

 

LE FLIC : Il me fait rire, Che Guevara avec ses rapports égalitaires ! Comme si une femme était l'égale de l'homme !

 

L'ARTISTE : Moi, ce qui me fait rire c'est que ce sont toujours 1es plus débiles qui se prétendent supérieurs aux femmes.

 

LE PROF : C'est normal, car s'ils n'étaient pas aussi tarés, ils se rendraient compte qu'ils disent des conneries.

 

LE FLIC (furieux) : C'est de moi que tu parles Picasso de mes deux ? Fais gaffe à ce que tu dis !

 

LE CADRE : Peu importe qu'une femme soit mon égale. Je lui demande juste de ne pas me contredire mais elle peut bien penser ce qu'elle veut.

 

LE MILITANT : Ah bon vous ne contrôlez pas toutes ses pensées ? Quelle chance pour votre compagne ! Vous ne vous trouvez pas un peu machiste ?

 

LE FLIC : II parle comme une gonzesse, le Che Guevara. Ah elle est belle votre société !

 

L'ARTISTE : On vous entend beaucoup, Monsieur, mais puis-je vous poser une question ?

 

LE FLIC : Pose toujours on verra !

 

L'ARTISTE : Vous en trouvez beaucoup, des femmes ?

 

LE FLIC : Beaucoup plus que tu crois. On pourrait penser qu'elles vont plutôt avec des pédés de son espèce (il désigne le militant). En fait, elles aiment les mecs virils comme moi. Tout ce qu'elles veulent, c'est qu'on les baise. La plupart sont mariées avec des types qui les regardent même plus. Ils torchent les gamins, font la vaisselle et ils tirent même plus leur coup. Mais le pire, c'est que c'est leurs femmes qui veulent plus baiser alors que dès qu'elles rencontrent un vrai mec comme moi, elles en redemandent.

 

LE TIMIDE : Je m'excuse de vous interrompre, mais si ce que vous dites est vrai, je trouve qu'il n'y a vraiment pas de justice. Moi, je suis à Paris depuis six mois maintenant. Je travaille de nuit dans un centre de tri. C'est difficile de rencontrer une femme quand on bosse de nuit. Parfois, dans la rue, j'en vois certaines qui me plaisent. J'essaie de les aborder mais quand elles me répondent c'est le plus souvent de façon agressive. Je n'insiste même plus. C'est dur, la solitude ! De temps en temps, j'essaie les bistrots. Je me dis que c'est plus facile mais je ne sais pas comment leur adresser la parole. Elles n'ont pas besoin de moi. Je finis par me retrouver seul dans mon foyer. J'en parle avec les collègues qui disent que c'est facile. Je ne sais pas comment ils font. Et pourtant, ils ne respectent pas les femmes. Ils me disent, en riant, d'essayer les petites annonces. J'en ai écrit pourtant des lettres restées sans réponse. Je suis peut-être pas assez intéressant. et sans doute trop sentimental. J'ai beaucoup d'amour à donner. Je ne cherche qu'à rendre une femme heureuse.

 

LE MILITANT : Toi aussi t'es postier ? Salut mon camarade ! Y a aussi des nénettes sensibles, timides qui aimeraient tomber sur un mec comme toi, mais je suis sûr que tu ne les regardes même pas. C'est toujours comme ça.

 

L'IMMIGRÉ : Je comprends rien à ce qu'elles veulent les bonnes femmes. C'est pas comme chez nous. J'ai des qualités. Je suis travailleur. Je bois pas d'alcool. Je suis honnête et pas dépensier. Je suis prêt à donner ma vie pour les gens que j'aime. Mais j'ai trois gosses et aucune femme n'en veut Moi, je suis pourtant prêt à en épouser une qui en a déjà, si je peux lui en faire d'autres. Elle aura pas besoin de travailler. Aucune femme ne marche. Elles se méfient, surtout celles qui sont racistes. Je demande pas grand chose. Je suis pas compliqué. Les femmes préfèrent des mecs pas sérieux qui boivent et gaspillent la paye. Ça va pas ça, non ça va pas !

 

L'ARTISTE : L'inverse est aussi vrai. Combien d'hommes vont s'attacher aux femmes les plus inaccessibles ? Á ce niveau-là nous n'avons rien à leur envier. D'ailleurs plus une femme est difficile à séduire, plus elle m'ignore et plus je m'y accroche.

 

LE MILITANT : Parle pour toi ! Tout le monde n'est pas maso.

 

LE PSY: II est peut-être un peu simpliste de juger masochiste un comportement aussi universel. Ça fait partie de la quête amoureuse. Bien sûr, il y a une part de souffrance dans la recherche de l'Autre. Souffrance qui nous renvoie à notre sentiment d'incomplétude. Souffrance qui rappelle les blessures de l'enfance. On projette sur l'Autre une image idéale. Et puis on s'aperçoit que cette image n'était qu'une projection de soi. Une fois libéré de la nébuleuse de nos fantasmes déversés sur lui, l'objet de nos rêves nous parait tristement banal. C'est difficile d'accepter 1'Autre pour ce qu'il est.

 

L'ARTISTE : II semble évident tous que tout le monde ne partage pas les mêmes exigences d'absolu. J'ai connu beaucoup de femmes dans ma vie. J'ai aimé souvent. Ces femmes, je les ai toujours trouvées belles, quelque soit leur âge, quelque soit leur physique : grandes ou petites, minces ou rondes blondes ou brunes ou de quelque pays qu'elles soient, toutes ces femmes m'ont beaucoup apporté. Chacune   tient caché dans les profondeurs de son être une sorte de beauté sans nom qui capte et qui attire. J'ai toujours été sensible à cette résonance intérieure. J'ai cru à chaque fois que cette femme serait la dernière, qu'elle serait capable de me transformer, me révéler les chemins encore inexplorés de mon âme, de me transcender, de me porter vers la lumière. Je rêve de la femme initiatrice qui me ferait renaître à moi-même. Mais, force m'est de constater que les femmes que je rencontre ne peuvent pas m'emmener jusque là. Dès qu'une femme est à moi, elle perd son mystère et son charme n'agit plus.

 

Parution en 2015

Le livre

 

LA CHARLITUDE, ÇA N'EXISTE PLUS

de  Martina Charbonnel

107 pages noir  et blanc 14,85x21 illustrations N et B

9,80 €

 ISBN  : 979-10-90342-21-7

 2014

 

MOUVEMENT CONJONCTION

L'avant-garde en peinture

Auteurs :

Georges Koutsandréou et Martina Charbonnel


Le livre MOUVEMENT CONJONCTION Bannière 648x6

153 pages couleurs  format A4 39,59 €

ISBN : 979-10-90342-19-4

2013

 CLONITUDE

de  Martina Charbonnel

Roman ( écrit en 1997)

200 pages(14,8x21cm)  16 €

979-10-90342-16-3

2012

Le livre L\'enterrement du dernier peintre

L'enterrement du dernier peintre

de Martina Charbonnel


Livre sur l'art contemporain

283pages 14,85x21 16 €

ISBN :  979-10-90342-08-8

 

Le livre L\'injection létale

L'injection létale

Les dangers d'une loi sur l'euthanasie

de Martina Charbonnel

109 pages  14x85x21  11,50 €

 ISBN  979-10-90342-12-5


Vague rose sur fond noir

de Martina Charbonnel

Politique  ; élections 2012

247 pages 14,8 X 21

14,50 €

  ISBN  :979-10-90342-07-1


Du vent et des larmes

de Tramontane ( Martina Charbonnel)

Politique : élections de 2007

193 pages 11x17

11€

 ISBN : 979-10-90342-06-4

 2011

Bagages accompagnés

de Martina Charbonnel 

Théâtre  (1994)

62 pages  14,8x2  12€

ISBN: 979-10-90342-05-7

 

Tapage nocturne

de Martina Charbonnel

Théâtre (1995)

111 pages   12 €

ISBN : 979-10-90342-04-0

 

Jeu de l'Oie

de  Martina  Charbonnel

Théâtre  (1985)

68 pages 14,85x21  11€

ISBN : 979-10-90342-03-0

 

La sourcière

de Martina Charbonnel

Théâtre (1985)

59 pages 14,85x2  11€

ISBN : 979-10-90342-02-6


Fais le beau !

de Martina Charbonnel

Théâtre (1985)

68 page 14,85x 21  11€

 ISBN : 979-10-90342-02-6

 

Théâtre I et II

de Martina Charbonnel ( 1984)

"Tombe amoureuse"

 "Faux-fuyant "

73 pages  11€

ISBN : 979-10-90342-00-2

 

La maternelle

 de Martina Charbonnel

Théâtre ( 1985)

80 pages  14,85x21  11 €

978-2-9536608-9-0


2010

Les meubles parlent

de Martina Charbonnel

Théâtre  (1993)

112 pages 14,8 X 21  13 €

 ISBN : 978-2-9536608-8-3

 

Gens d'entresol

de Martina Charbonnel

Théâtre  ( 2004)

82 pages  14,8x21  11,60 €

  ISBN : 978-2-9536608-7-6

 

UNe aventurière de Dieu

Le livre Une aventurière de Dieu

Une aventurière de Dieu

de Martina Charbonnel (2009 )

Témoignage spirituel

266 pages  16 €

 ISBN 979-10-90342-12-5

 

La grognasse

Le livre La grognasse

La grognasse

 de Martina Charbonnel

Roman humoristique 

 152 pages   12,50 €

ISBN : 979-10-90342-09-5

 

La Toile

Le livre La Toile

La Toile

de Martina Charbonnel

Théâtre :  (2007)

93 pages 14,85x21 10,10

 ISBN  : 978-2-9536608-3-8

 

Gigaconsom 

de Martina Charbonnel

  Théâtre  ( 2005)

Édition 2015 :

79 pages  14,5x21  9,60 

ISBN : 979-10-90342-23-1


L'être aimé invisible

de Martina Charbonnel

Amour et métaphysique

152 pages 11x17  9 €

N° ISBN : 978-2-9536608-4-5

Libérez Dieu  ! Lettre ouverte à Dieu

de Martina Charbonnel

123 pages 11x17

9,53 €

 ISBN :978-2-9536608-1-4