FAUX-FUYANT : extrait

Acte 1 scène 1

 

Dans une crêperie Viviane digne avec Marc son ex compagnon qui la laisse parler sans trop répondre, ce qui finit par l'irriter

 

Long silence. Viviane est très irritée. Elle s'arrête de manger, regarde Marc, l'imite pour le narguer, soupire. Lui, ne semble pas affecté par cette attitude.      

 

VIVIANE : Alors comme ça,   tu n'as pas de petite copine ? Ça m'étonne. Tu dois pourtant plaire aux femmes. Autrefois,   tu ne te faisais pas prier... Enfin,   ça te regarde, mais   j'espère que ce n'est que passager parce que ce serait dommage. Ce serait du gâchis... Tu es pourtant mignon. Et puis... tu faisais tellement bien l'amour !  

Marc la regarde troublé.  

Oh pardon ! On ne dit pas ces choses là ! Pas au restaurant.   Enfin... personne n'a entendu. Ne sois pas gêné ! C'est un compliment. Quand je pense que   je suis restée avec toi pendant cinq ans uniquement parce que tu me baisais bien !    

Marc baisse les yeux à la fois troublé et irrité.

C'est pourtant vrai ! Sans ça, je pense que je t'aurais largué, avant. Les femmes ont parfois leurs faiblesses. Moi, c'était le sexe, et à vrai dire,   j'ai pas tellement changé...(Silence chargé d'émotions contenues).  C'était bien quand même entre nous !  

Marc la regarde. Un désir imperceptible se lit sur son visage.   

Tu n'as jamais eu de regrets ? Moi, j'aurais aimé te garder, non pas pour le quotidien, mais juste comme amant. Heureusement, tu n'es pas irremplaçable. Des hommes, il y en a d'autres. Et des mignons. Et qui font bien l'amour. Mais toi, tu avais quelque chose de plus.   ( silence) Après toi,   je n'ai plus du tout cherché le même style d'hommes. Oh je n'avais pas peur ! Mais j'avais besoin d'hommes... un peu plus sécurisants, sur le plan matériel... tu comprends ?

Marc soupire.

Parce que l'amour c'est bien à vingt ans : La passion, la création, l'art c'est bien beau, mais il ne faut pas oublier que quand nous étions ensemble, c'était moi qui travaillais... On peut faire ça une fois dans sa vie, quand on y croit et qu'on se raconte que l'autre évoluera. Et puis il y a un moment où l'on se dit " Bon, ça va maintenant. Ça suffit. Moi aussi j'ai le droit de vivre."

Marc a fini sa crêpe. Il semble capté par ce qu'elle dit.  

VIVIANE : Je ne pouvais pas indéfiniment être la bonne mère dévouée ( silence )... Enfin,   je suis quand même contente d'une chose,   c'est qu'avec toi,   je n'ai pas perdu mon temps. Mais si, c'est vrai ! Ce n'est pas le cas de bon nombre de femmes que je connais qui ont entretenu un homme en pensant qu'un jour il finirait par changer et qui croyaient dur comme fer à ses potentialités. Et puis les années passent... Un an, deux ans,   trois ans, dix ans... Certaines se marient, font des enfants en pensant qu'alors leur mec exceptionnel deviendrait enfin adulte. Et la relation se dégrade de plus en plus et bien entendu le type ne change pas. Un beau jour, elles n'en peuvent plus et balaient leur sentiment de culpabilité pour s'en débarrasser... Elles s'aperçoivent alors qu'elles ont gâché les plus belles années de leur vie.   Avec toi,   je ne me suis pas trompée. J'ai cru en toi et j'ai eu raison. Le   seul problème, c'est que ce n'est pas venu assez vite...

 

MARC   : Le temps   ?   Qu'est-ce que le temps ? Une promesse ? Un fardeau ? Une ouverture ? Ou bien une fatalité   ?   Qui sait ?

 

VIVIANE : Et alors,   qu'est-ce que-tu cherches à prouver ?   Au bout de cinq ans, c'est vrai que   j'ai commencé à douter. Je me suis dit : " Et s'il ne créait jamais rien de valable ? Ne se complait-il pas dans le rêve comme ces milliers d'artistes qui prétendent avoir une vérité à transmettre, mais quelle vérité ? Et s'il n'y avait rien d'autre à attendre que de l'amertume et des soucis ? "

Marc la regarde   avec douleur.    

Si j'avais gagné plus d'argent,   j'aurais pu supporter cette situation plus longtemps. Mais à moins de se priver, un salaire d'instit c'est pas suffisant pour deux... J'admets que parfois,   tu faisais des efforts pour chercher du travail, mais tu rentrais tellement malheureux que j'ai préféré te laisser créer. Et malgré mes dires, ce n'était pas toujours drôle pour moi de me lever tous les matins pour aller au boulot. C'est vrai que j'aime les enfants, mais il y avait des jours où je serais bien restée à la maison, comme toi.   (Elle se tait et le regarde intensément) J'aimerais... savoir... Est-ce que...   je t'ai apporté un petit quelque chose ? Je voudrais au moins pouvoir me dire que même si ce n'était qu'une toute petite goutte, mon amour pour toi aura contribué à   ton épanouissement.

Marc est très ému. Il essaie de le cacher.

J'étais la première à croire en toi mais peut-être pas   suffisamment. Je n'avais peut-être pas assez de patience et pourtant j'ai cru en ton talent, dès que   je t'ai rencontré.   Après t'avoir demandé de partir,   j'ai vraiment dû prendre sur moi pour ne pas te dire de revenir. J'ai dû être forte. Il ne fallait pas montrer que   je souffrais, moi aussi.   C'était salutaire pour moi. J'avais tellement besoin de mon indépendance... Pourtant, la nuit,   parfois je ne pouvais pas m'endormir et je me disais " Que fait Marc en ce moment ? Il doit sans doute avoir besoin de moi   !   Je ne peux pas l'abandonner." Mais je ne pouvais pas toujours te porter comme un fardeau. J'avais besoin de mon espace, ma vie, mes centres d'intérêt. J'avais besoin de me retrouver en tant que personne. Tu comprends ?

Marc secoue la tête puis prend un air détaché.

J'espère que tu ne m'en veux pas. Je n'avais pas le choix. Pour me consoler, je me disais que peut-être tu n'évoluais pas à cause de moi et que ça te ferait du bien de te confronter à la vie. Mais c'était surtout une façon de me donner bonne conscience pour ne pas avoir trop mal. Parce que...   (sanglot dans sa voix )   je   ne devrais pas te dire ça, mais quand je t'ai demandé de     partir...   j'étais encore très attachée à toi.    

Marc la regarde avec douleur.

Bien sûr, maintenant c'est du passé. J'ai refait ma vie, toi la tienne, peut-être, mais... (sanglots étouffés,   elle essuie une larme.)  je me souviens de nos instants de bonheur...

                                  Elle s'interrompt. Marc est très tendu.

Tu te rappelles, dans nos débuts, comme les amis enviaient notre couple ? Toujours en mouvement, brassant des idées et des projets. Sûr qu'on s'ennuyait jamais ! On dessinait ensemble, on se racontait les histoires qu'on prévoyait d'écrire... on faisait la fête tous les soirs. On découvrait la musique, la poésie, l'amour. Et ces ballades en montagne où tu ne voulais jamais t'arrêter... J'avais le vertige. J'étais parfois essoufflée, mais tu voulais toujours continuer plus loin, plus haut.

             Marc sourit, toujours un peu tendu: silence.

Tu étais épris d'absolu, mais je ne le savais pas. Ou plutôt si, mais je ne pouvais l'assumer. Il était plus sage de nous séparer. Vivre en couple, c'était pas à la hauteur de nos rêves ! Je ne voulais pas voir notre vie rapetisser et ressembler à celle des autres couples ! En même temps, j'avais besoin de me protéger contre ta passion, parce que pour continuer à vivre ensemble je devais devenir ton ombre. Tu prenais trop de place dans ma vie à cause de ta recherche et de ta quête... Trop de place avec tes ambitions,   avec ta foi en l'art et tes inspirations vagabondes. Tu prenais trop de place en moi. Tu empiétais sur mon espace vital et pourtant je t'aimais plus que tout... (silence)... Marc,   Regarde-moi ! Pourquoi ces malentendus ? On était sans doute trop jeunes... ( Voix chargée de tendresse) Je ne savais pas ce qu'était l'amour et peut-être que toi non plus.  

 

Par moments, Marc laisse échapper une expression de regret dans le regard puis se reprend pour redevenir imperturbable.

 

Ne me torture pas ! Tu ne sais pas plus que moi ce qu'est l'amour. Tu en parles dans tes livres,   tu l'imagines en rêve parce que tu es incapable de l'éprouver ! (colère dans sa voix) C'est bien plus facile d'écrire sur l'amour que de le faire vivre au quotidien ! Tu prétends partager l'amour dans ta communauté spirituelle : L'amour universel, l'amour qui transcende ! C'est un mensonge,   une gigantesque escroquerie ! C'est pas du tout ça, l'amour !  

                           Marc baisse les yeux.

Et l'amour tout simplement ? L'amour dans les petites choses de la vie, dans les petits déjeuners pris ensemble le matin,   l'amour banalité,   l'amour qui fait pleurer en épluchant les oignons,   l'amour gourmandise,   l'amour quand l'autre est malade,   l'amour quand les factures tombent tous mois et se tenir les coudes pour en venir à bout, l'amour fatigue avec les cernes sous les yeux,   l'amour vacances,   l'amour neige dans les rues froides en l'hiver,   l'amour partage,   l'amour télévision... Et oui, mon vieux !   Et l'amour ballade en forêt,   l'amour lassitude, l'amour jalousie,   l'amour poison,   l'amour combat,   l'amour fantasme, l'amour indigent, l'amour possession mais aussi l'amour dépossédé ! Mais qu'est-ce qui me prend ? Je parle de l'amour au passé, car le présent,   c'est l'amour néant... Tu sais...   ( tristesse) Je suis très émue de te revoir.   (Elle regarde son assiette et pose ses couverts.) Moi non plus,   je n'ai plus faim à présent. Ne t'effraie pas de ce que   je raconte ! La vie continue. Depuis que tu es parti,   j'ai rencontré beaucoup d'hommes. Je suis tombée très souvent amoureuse : On ne se refait pas. Je ne peux même pas dire combien de fois. Sans cesse,   j'ai cru retrouver ce sentiment. Et puis, ça n'a jamais duré. J'avais trop peur de revivre en couple. Chaque fois, je me suis laissée prendre au   piège, mais j'ai compris de plus en plus rapidement qu'une relation entre nous n'avait aucune chance de durer. La première fois,   il m'a fallu cinq ans pour perdre mes illusions,   puis un an, puis un mois,   puis une semaine et maintenant quand je rencontre un homme,   je sais dès le premier soir, pourquoi ça ne   marchera pas.

Le livre Théâtre I et II

Parution en 2015

Le livre

 

LA CHARLITUDE, ÇA N'EXISTE PLUS

de  Martina Charbonnel

107 pages noir  et blanc 14,85x21 illustrations N et B

9,80 €

 ISBN  : 979-10-90342-21-7

 2014

 

MOUVEMENT CONJONCTION

L'avant-garde en peinture

Auteurs :

Georges Koutsandréou et Martina Charbonnel


Le livre MOUVEMENT CONJONCTION Bannière 648x6

153 pages couleurs  format A4 39,59 €

ISBN : 979-10-90342-19-4

2013

 CLONITUDE

de  Martina Charbonnel

Roman ( écrit en 1997)

200 pages(14,8x21cm)  16 €

979-10-90342-16-3

2012

Le livre L\'enterrement du dernier peintre

L'enterrement du dernier peintre

de Martina Charbonnel


Livre sur l'art contemporain

283pages 14,85x21 16 €

ISBN :  979-10-90342-08-8

 

Le livre L\'injection létale

L'injection létale

Les dangers d'une loi sur l'euthanasie

de Martina Charbonnel

109 pages  14x85x21  11,50 €

 ISBN  979-10-90342-12-5


Vague rose sur fond noir

de Martina Charbonnel

Politique  ; élections 2012

247 pages 14,8 X 21

14,50 €

  ISBN  :979-10-90342-07-1


Du vent et des larmes

de Tramontane ( Martina Charbonnel)

Politique : élections de 2007

193 pages 11x17

11€

 ISBN : 979-10-90342-06-4

 2011

Bagages accompagnés

de Martina Charbonnel 

Théâtre  (1994)

62 pages  14,8x2  12€

ISBN: 979-10-90342-05-7

 

Tapage nocturne

de Martina Charbonnel

Théâtre (1995)

111 pages   12 €

ISBN : 979-10-90342-04-0

 

Jeu de l'Oie

de  Martina  Charbonnel

Théâtre  (1985)

68 pages 14,85x21  11€

ISBN : 979-10-90342-03-0

 

La sourcière

de Martina Charbonnel

Théâtre (1985)

59 pages 14,85x2  11€

ISBN : 979-10-90342-02-6


Fais le beau !

de Martina Charbonnel

Théâtre (1985)

68 page 14,85x 21  11€

 ISBN : 979-10-90342-02-6

 

Théâtre I et II

de Martina Charbonnel ( 1984)

"Tombe amoureuse"

 "Faux-fuyant "

73 pages  11€

ISBN : 979-10-90342-00-2

 

La maternelle

 de Martina Charbonnel

Théâtre ( 1985)

80 pages  14,85x21  11 €

978-2-9536608-9-0


2010

Les meubles parlent

de Martina Charbonnel

Théâtre  (1993)

112 pages 14,8 X 21  13 €

 ISBN : 978-2-9536608-8-3

 

Gens d'entresol

de Martina Charbonnel

Théâtre  ( 2004)

82 pages  14,8x21  11,60 €

  ISBN : 978-2-9536608-7-6

 

UNe aventurière de Dieu

Le livre Une aventurière de Dieu

Une aventurière de Dieu

de Martina Charbonnel (2009 )

Témoignage spirituel

266 pages  16 €

 ISBN 979-10-90342-12-5

 

La grognasse

Le livre La grognasse

La grognasse

 de Martina Charbonnel

Roman humoristique 

 152 pages   12,50 €

ISBN : 979-10-90342-09-5

 

La Toile

Le livre La Toile

La Toile

de Martina Charbonnel

Théâtre :  (2007)

93 pages 14,85x21 10,10

 ISBN  : 978-2-9536608-3-8

 

Gigaconsom 

de Martina Charbonnel

  Théâtre  ( 2005)

Édition 2015 :

79 pages  14,5x21  9,60 

ISBN : 979-10-90342-23-1


L'être aimé invisible

de Martina Charbonnel

Amour et métaphysique

152 pages 11x17  9 €

N° ISBN : 978-2-9536608-4-5

Libérez Dieu  ! Lettre ouverte à Dieu

de Martina Charbonnel

123 pages 11x17

9,53 €

 ISBN :978-2-9536608-1-4